Envie de tester les performances de votre PC pour identifier ce qui fonctionne bien ou ce qui est à améliorer ? Voici un check-up matériel complet et réalisable grâce à des outils gratuits (la plupart du temps), fiables et simples à utiliser.
Avant de commencer : ce qu’un bon test de performance doit mesurer
Tester son PC, ce n’est pas juste lancer un benchmark et afficher un score. Pour obtenir un diagnostic utile, il faut mesurer quatre grandes familles de performances :
- Le processeur (CPU) : il gère les calculs et la logique du jeu.
- La carte graphique (GPU) : elle fait tourner les graphismes et influence directement les FPS.
- La mémoire vive (RAM) : trop lente ou instable, elle peut créer des micro-lags.
- Le stockage (SSD/HDD) : impacte les temps de chargement.
Un bon test pourra donc vous dire si votre processeur bride votre carte graphique, si vos températures sont normales, et si votre config tient la charge en jeu.
Étape 1 : identifier le matériel et vérifier les bases
Avant de comparer des scores, il faut savoir ce que contient votre machine.
Les outils les plus pratiques pour ça :
- CPU-Z et GPU-Z : ils affichent les détails de votre processeur et de votre carte graphique (modèle, fréquences, mémoire, etc.).
- HWiNFO : un vrai tableau de bord. Vous y verrez la température du CPU, les vitesses de ventilateurs, la tension électrique…
💻 Astuce
Lancez HWiNFO en arrière-plan pendant vos sessions de jeu pour enregistrer un log complet. C’est la meilleure façon d’analyser ce qui se passe quand le framerate chute.
Étape 2 : tester la puissance brute du processeur (CPU)
L’outil Cinebench, développé par Maxon, simule un rendu 3D ultra-lourd pour évaluer la puissance de votre processeur. La dernière version est le nouveau standard : elle utilise le moteur Redshift, plus représentatif des usages modernes.
Comment interpréter le score ?
- Score mono-cœur : reflète la réactivité dans les jeux.
- Score multi-cœur : utile pour les jeux très multithreadés ou la création (streaming, montage, etc.).
Si votre processeur affiche des scores inférieurs de 20 à 30 % à la moyenne de votre modèle, il y a probablement un souci de température ou de configuration du BIOS.
Étape 3 : tester les performances graphiques (GPU)
3DMark : l’outil incontournable des gamers
Impossible de parler de benchmarks sans mentionner 3DMark. Ce logiciel évalue votre carte graphique avec plusieurs tests :
- Time Spy pour le gaming DirectX 12,
- Port Royal pour le ray-tracing,
- Speed Way pour les GPU de dernière génération.
Là où c’est intéressant et que les résultats sont aussi fiables que pertinents, c’est qu’ils peuvent être comparés à des milliers d’autres machines.
Par Exemple : une RTX 4070 Ti devrait afficher environ 18 000 points sous Time Spy. Si vous en obtenez 13 000, il y a un goulet d’étranglement quelque part.
Benchmarks in-game : le test le plus concret
Certains jeux intègrent leur propre benchmark (Cyberpunk 2077, Forza Horizon 5, Assassin’s Creed Mirage…).
Ces tests « réels » sont précieux : ils reflètent les performances dans les conditions exactes du jeu.
Conseil : faites tourner un benchmark intégré avec MSI Afterburner activé. Vous verrez en temps réel :
- les FPS (et éventuellement les chutes de FPS)
- la fréquence GPU,
- l’utilisation du CPU,
- la température.
Cela vous permettra d’obtenir un graphique clair montrant si le CPU ou le GPU atteint sa limite en premier.
Étape 4 : vérifier la mémoire et le stockage
RAM : stabilité avant tout
Des freezes aléatoires ou un PC qui redémarre sans raison ? C’est peut-être la RAM.
Lancez MemTest86 (ou MemTest86+) depuis une clé USB bootable. S’il trouve des erreurs, remplacez ou repositionnez vos barrettes.
SSD/HDD : importance de la vitesse
Un SSD trop lent peut plomber les chargements. CrystalDiskMark permet de mesurer la vitesse de lecture et d’écriture.
Un SSD PCIe 4.0 moderne devrait dépasser les 5000 Mo/s en lecture séquentielle. Si vous êtes bien en dessous, vérifiez le port M.2 utilisé ou l’état du firmware.
Étape 5 : surveiller les températures et la stabilité
C’est souvent le grand oublié des tests. Un processeur qui chauffe trop baisse automatiquement sa fréquence : c’est le thermal throttling.
Les bons outils
- HWiNFO ou MSI Afterburner pour suivre en direct les températures CPU et GPU.
- OCCT pour tester la stabilité en pleine charge (à utiliser avec prudence).
- FurMark pour pousser la carte graphique à bout (utile mais à réserver aux experts).
Retenez qu’un GPU peut monter jusqu’à 85°C sans risque majeur, mais au-delà, les performances chutent.
Étape 6 : interpréter les résultats
Une fois le check des performance de son PC réalisé, il faut interpréter les résultats :
C’est là que beaucoup de joueurs se plantent : ils comparent des scores bruts sans comprendre pourquoi leur machine réagit comme ça.
Voici comment transformer vos benchmarks en vrai diagnostic :
1. Analyser l’équilibre entre CPU et GPU
Commencez par observer les taux d’utilisation (via MSI Afterburner ou HWiNFO) :
- CPU à 100 %, GPU à 60 % → CPU limited
Votre processeur sature avant la carte graphique. Typique sur des jeux comme CS2 ou Valorant, très dépendants du CPU.
Solutions : baissez la résolution pour soulager le CPU, fermez les applis en fond, ou envisagez un upgrade processeur. - GPU à 99 %, CPU à 50 % → GPU limited
Ici, tout va bien : la carte graphique fait le gros du boulot. C’est le comportement attendu sur la plupart des jeux AAA modernes.
Solutions : inutile d’overclocker le CPU, concentrez-vous sur la température du GPU et la stabilité des fréquences. - Les deux sous 80 % → problème externe
Pilotes obsolètes, throttling thermique, mauvaise gestion d’alimentation… Quelque chose bride la machine.
Vérifiez les températures, les mises à jour et le plan d’alimentation Windows.
2. Regarder les températures et fréquences en contexte
Un benchmark isolé ne veut rien dire sans les données thermiques. Regardez plutôt les courbes de température :
- Si la température monte à 85 °C et que la fréquence chute brutalement, c’est du thermal throttling.
- Si les températures restent hautes même au repos, c’est probablement un problème de ventilation ou de pâte thermique.
Comparez la température moyenne sur 15 minutes de jeu plutôt que les pics instantanés. C’est plus représentatif.
3. Croiser les scores de benchmarks
Les benchmarks comme 3DMark ou Cinebench donnent une note globale, mais l’important, c’est le décalage avec la moyenne des autres utilisateurs.
Par exemple :
Une RTX 4070 Ti obtient 18 000 points sous 3DMark Time Spy.
- Si votre résultat est autour de ±5 %, c’est parfait.
- À −10 % ou plus, suspectez un CPU trop faible, une RAM lente ou un mode d’alimentation bridé.
- À −20 %, il faut creuser : vérifier les fréquences, la température ou un bug de driver.
4. Repérer les incohérences et les goulots d’étranglement
Ce qu’on appelle le bottleneck, c’est l’élément qui empêche le reste de votre config de s’exprimer.
Quelques signes qui ne trompent pas :
- Des FPS instables malgré un GPU puissant : souvent un CPU trop lent.
- Des micro-freezes pendant les chargements : SSD saturé ou RAM insuffisante.
- Des performances variables d’une session à l’autre : throttling thermique, VRM faiblard ou courbe de ventilation mal réglée.
- Des scores stables en benchmark mais faibles en jeu : possible souci logiciel (Windows, pilote graphique, overlay, antivirus…).
Étape 7 : améliorer les performances sans upgrader le matériel
Avant de changer du hardware sur votre configuration PC, testez ces optimisations simples :
- Mettez à jour les pilotes GPU (via GeForce Experience ou AMD Adrenalin).
- Dépoussiérez votre tour : un ventirad obstrué peut faire perdre 10 % de perf.
- Fermez les applis en fond : Discord, Chrome et OBS peuvent siphonner la RAM.
- Optimisez Windows : mode performance, gestion de l’alimentation sur maximale, désactivation des effets visuels.
- Undervoltez légèrement votre GPU : même puissance, moins de chauffe, plus de stabilité.
- Optimisez le flux d’air en ajustant le sens de ventilation de votre PC.
Il y a souvent 10 à 20 % de FPS à gagner sans dépenser un centime.