L’e-réputation : un mot qu’on voit partout et qui, pour beaucoup, reste encore un concept assez flou. On en parle souvent pour les entreprises, mais saviez-vous qu’elle est tout aussi cruciale pour un individu ?
Vous vous demandez ce qu’est l’e-réputation et comment la surveiller (voire la contrôler) ? On vous dévoile tout.
Qu’est-ce que l’e-réputation ?
Commençons par une définition simple : l’e-réputation, c’est la perception collective d’une personne ou d’une marque sur la toile.
En d’autres termes, c’est l’image d’une personne renvoyée par le web à partir de toutes les informations qu’ils peuvent trouver sur le web.
Autant dire que ça va bien au-delà de votre profil sur un réseau social. On pense souvent à l’e-réputation comme quelque chose que l’on subit, alors qu’en fait, c’est une combinaison de ce que vous contrôlez et de ce que vous ne contrôlez pas.

C’est là que l’on fait la différence avec deux concepts souvent confondus :
- Votre identité numérique : c’est l’ensemble des informations que vous partagez volontairement sur internet. On parle de vos profils sur les réseaux sociaux, de votre site web, de vos articles de blog. En bref, c’est l’image que vous décidez de projeter.
- Votre empreinte numérique : c’est l’ensemble de toutes les traces que vous laissez en ligne. Les publications que vous avez faites, les photos sur lesquelles vous êtes tagué, les commentaires sur des forums, mais aussi les cookies, les données de navigation, etc. C’est la somme de tout ce qui peut être trouvé sur vous, qu’elle soit le fruit d’une action délibérée ou non.
En clair, l’e-réputation est l’opinion qui se dégage de votre empreinte numérique. C’est le jugement que l’on porte sur vous en se basant sur toutes ces traces.
Une e-réputation, ça se surveille ! Nos outils préférés.
Pour agir sur son image, il faut d’abord savoir ce qu’elle contient. Que disent de vous les moteurs de recherche, les réseaux sociaux ou les forums ? C’est le premier pas, souvent sous-estimé, mais ô combien important.
- Se « googliser » soi-même : c’est le réflexe de base. Tapez votre nom et prénom dans Google, puis faites de même pour Google Images et Google Actualités. C’est la première chose que feront un recruteur ou un futur client. N’hésitez pas à parcourir le maximum de pages possibles sur les résultats de recherche, certains sites qui parlent de vous sont peut-être mal référencés.

Pour aller plus loin, on a testé quelques outils, et voici ce qui fonctionne vraiment :
- Google Alerts : un outil simple, gratuit et redoutablement efficace. Il vous suffit d’y créer une alerte sur votre nom, celui de votre entreprise, ou même des mots-clés liés à votre activité. À chaque fois qu’une nouvelle page indexée par Google contiendra ces termes, vous recevrez une notification par email. C’est l’outil de base pour une veille passive, qui fonctionne parfaitement pour la plupart des gens.
- Outils avancés : si vous êtes une entreprise ou une figure publique, des services comme Mention ou Brand24 sont beaucoup plus puissants. Ils surveillent des millions de sources en temps réel, des blogs aux forums en passant par les sites d’avis, et peuvent même détecter le sentiment (positif, négatif ou neutre) des mentions.
Bâtir et protéger son image : les règles d’or.
Une fois le diagnostic posé, le but est de construire une image qui vous ressemble, tout en sachant comment réagir en cas de coup dur.
Le Personal Branding comme meilleur allié.
Le concept de personal branding est de plus en plus populaire. Il s’agit d’une démarche proactive pour façonner l’image que vous voulez renvoyer. La différence avec l’e-réputation est cruciale : le personal branding, c’est la stratégieque vous mettez en place, tandis que l’e-réputation est la perception qui en résulte. Autant dire que l‘un influence l’autre.
Quelques pistes pour bâtir votre marque personnelle :
- Créez un profil LinkedIn solide, qui met en avant vos compétences et votre parcours.
- Lancez un blog sur un sujet que vous maîtrisez.
- Intervenez de manière constructive dans les discussions sur des forums spécialisés.
Savoir gérer la crise : la mauvaise e-réputation.
Personne n’est à l’abri d’un bad buzz qui va venir impacter votre e-réputation. Face à la critique, voici ce qui marche vraiment :
- Soyez réactif : le silence est souvent interprété comme un aveu. Répondez vite, mais pas à la va-vite.
- Restez professionnel : même si l’avis est injuste, restez courtois. Adressez-vous à la personne nommément et proposez une solution.
- Ne supprimez pas : en général, supprimer un avis négatif ne fait qu’aggraver la situation. Mieux vaut y répondre pour montrer que vous êtes à l’écoute.

D’ailleurs, il existe des modèles de réponses qui fonctionnent bien. Mais il faut savoir se faire entourer car répondre de la mauvaise manière ou en utilisant les mauvais termes peut venir ternir davantage votre e-réputation.
Quand rien ne va plus : vos recours juridiques.
Il arrive que l’on soit victime de diffamation ou de contenus nuisibles. Dans ce cas, sachez que des recours existent.
- Le droit à l’oubli : c’est un droit fondamental en Europe, consacré par le RGPD. Il vous permet de demander à un moteur de recherche (comme Google) de déréférencer un contenu vous concernant, c’est-à-dire de le retirer de ses résultats de recherche. Attention, cela ne supprime pas le contenu du site original.
- Diffamation et injure : c’est là que les choses deviennent sérieuses. Si quelqu’un vous accuse d’un fait précis (même faux), on parle de diffamation. Si c’est une insulte sans fait précis, c’est une injure. Dans les deux cas, vous pouvez porter plainte. Il est alors essentiel de conserver des preuves (capture d’écran, constat d’huissier…).