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On associe toujours le porte-avions avec un environnement marin relativement vaste : un océan pour le moins. Roi des mers, il a pourtant existé des porte-avions qui ont été prince de grands lacs…

USS Wolverine (IX-64) Lake Michigan 1943

 

Des besoins énormes en pilotes dès 1942

En effet durant la Seconde Guerre Mondiale, la marine Américaine, et plus précisément son aéronavale, a dû croître exponentiellement en très peu de temps. Dans la suite immédiate de Pearl Harbor, l’U.S. Navy a d’abord suivi une stratégie purement défensive, tentant de limiter l’expansion et l’offensive du Japon. Mais, parallèlement, un immense programme d’armement et de constructions navales

Elle a notamment dû former rapidement un très grand nombre de pilotes aéronavales pour opérer sur les grands porte-avions et les porte-avions d’escorte en construction massive après 1941, et la catastrophe de Pearl Harbor.

Avec six porte-avions aptes au combat, et treize porte-avions supplémentaires et des dizaines de transporteurs d’escorte sur commande ou en construction (avec plus à venir), la marine américaine avait besoin de milliers de pilotes et de dizaines de milliers de matelots de pont qualifié pour les opérations. Pour donner un exemple, de ces grands portes-avions au noms prestigieux comme Bunker Hill, Saratoga et Essex, chacun d’entre eux nécessitait plus de 2.500 hommes pour opérer. Même si les portes-avions d’escorte était plus léger en équipage, la somme globale en moyens humains restait astronomique.

La formation des élèves-pilotes sur les différentes bases aériennes américaines était relativement facile, mais la certification d’appontage était toute autre  chose, et la plupart des porte-avions disponibles étaient déjà engagés sur les théâtre d’opérations du pacifique, rendant impossible l’immobilisation d’un de ceux-ci pour la formation des futurs pilotes.

L’US Navy a donc du trouver une solution de remplacement. Ce furent les S.S. Seeandbee et USS Wolverine.

Des porte-avions à aubes.

De fait, deux navires, fonctionnant au charbon et maneouvrant lentement avec leur roues à aube, anciens traversiers, ont ainsi former de très nombreux pilotes de l’aéronavale loin des théâtres de guerre.

Dès mars 1942, la Marine américaine a réquisitionné le premier de ces deux navires, lui attribuant le numéro de coque IX-64. Le début de la reconversion en porte d’avions d’entrainement débutant en mai 1942 pour finir en aout 1942 et commencer son service en janvier 1943, sous le nom de USS Wolverine. Son « sister-ship » SS Seaandbee , lui, entrera en service en mai 1943. Le coût total fut de 756.000 dollars.

Ainsi dès 1943, la marine put formée les pilotes, frais émoulus de leur formation initiale en pilotage, aux techniques d’appontage sur les grands lacs, loin des tempêtes du Pacifique et surtout loin des dangers de possibles attaques sous-marine. La base de rattachement était la Glenview Naval Air Station, au nord de Chicago, mais leur port d’attache restait le Navy Pier à chiacago.

En tout et pour tout, ce furent près de 120.000 appontages qui furent réalisées sur ces deux navires, pour seulement 200 accidents au total (pour 8 pilotes perdus) : chaque stagiaire, souhaitant réussir sa certification d’apppontage, devait réussir 10 décollages et appontages réussis (un nombre réduit à 8 plus tard), tant à l’aube qu’au crépuscule. Au total, 35 000 pilotes furent formés sur ces deux navires.

Le désarmement des navires a eu lieu en novembre 1945.

Caractéristiques des navires

Voici un très précis « blueprint » réalisé par un mateur sur Deviant Art :

USS Wolverine Tacrn1

 

USS Wolverine (IX 64)

  • port d’attache : Navy Pier de Chicago
  • commission : 1943-1945
  • propulsion : roues à aubes.
  • énergie : charbon
  • longueur : 239 m
  • équipage : 300 hommes.
  • pont d’envol : bois (chêne)
  • embarquement : 8 avions au total pouvait opérer en même temps (maximum, car en réalité et pour des raisons de sécurité, ce nombre était beaucoup plus faible dans la pratique).

Notons également que ces deux navires avait une structure leur permettant de ressembler à un porte-avions mais n’avait aucun hangar ni aucunes installations d’entretien, de catapultes de lancement ou d’ascenseurs à avions. Seulement le strict minimum : à savoir une coque et un pont d’envol.

uss wolverine

 

Le Seeandbee a lui servi également de plate-formes d’expérimentation car, contrairement au Wolverine, son pont d’envol fut construit en métal et plusieurs revêtements antidérapants de ponts ont été testés et appliqués en damier, pour être évalués. En outre, le Seeandbee a aussi servi pour effectuer des essais du TDR-1 expérimental, un drone télécommandé fait de bois et conçu à l’origine comme un avion cible. Des tests ultérieurs avec des drones équipés de bombes et de caméras de télévision, firent de ce navire le premier à être équipés de missiles à vision par télévision Le succès de ces tests a vu le TDR-1 aller au combat en 1943 à Bougainville, une opération restée longtemps top-secret.

Conclusion

Si vous voulez en savoir plus, il existe un article très complet sur Vintagewings.ca avec de très nombreuses photos d’époque du porte-avion USS Wolverine et USS Sable en opération, dont voici un exemple :

USS Wolverine Vintagewings.ca

On notera la « relative » petite taille du pont d’envol à la vue du USN Grunmman Wildcat « en chandelle ».

Source photo :

U.S. Navy National Museum of Naval Aviation photo No. 1996.488.019.009

USS Wolverine « blueprints » by Tacrn1 (DeviantArt)

Vintagewings.ca

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