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Le re-industrialisation de la France passera, comme on l’a vu dans la précédente partie, par une rationalisation des process de production. Hormis l’automatisation partielle, cela voudra aussi dire de se concentrer sur des flux de production mieux pensés. Or pour ceci, il faut penser : modularité.

L’apprentissage par le secteur de la construction

Le concept de modularité commence seulement à atteindre une certains seuil de normalisation dans certains secteurs industriels. Et pourtant, certains secteurs ont depuis longtemps exploiter ce concept pour réduire leurs coûts d’exploitation.  C’est notamment le cas du secteur du BTP et de la construction. C’est notamment   le cas pour les habitations individuelles qui ont vu plusieurs constructeurs utilisés la modularité depuis quelques années pour réduire leurs coûts d’exploitation, et donc à terme le prix de leurs habitations.

L’exemple le plus flagrant est sans doute à mettre au compte des constructeurs de maison en bois qui avec le matériau léger que représente le bois ont pu pousser l’expérimentation et la mise au point opérationnel à son paroxysme. Ce sont notamment ces secteurs qui ont introduit la répartition des tâches entre l’architecte/maitre d’oeuvre et les différents modules de construction (module d’étape 1, module d’étape 2…). Et dans ce secteur, ce sont les entreprises Scandinaves qui sont les championnes de la modularité (comme par exemple, Woodream), en combinant modularité, baisse des coûts de production et innovation par le design. A tous les niveaux, la recette est gagnante.

Ainsi, chaque process de production industrielle est partagée en modules de fabrication. Le tout étant géré par l’architecte central du projet/le donneur d’ordres.

Les gains productifs de la modularité

Compartimenter chaque étape permet ainsi d’en saisir de façon plus concrète les étapes composantes chaque flux de production. Plus lisible, et visible, il est ainsi plus aisé de rationaliser et d’optimiser chaque étape. Comme l’exemple de  la tablette Coock, produit par Unowhy et dont la production est revenu en France. Le secret ? Une rationalisation poussée de la production et des flux : diminution du nombre de vis employés pour une qualité augmentée, assemblage mieux pensé, automatisation partielle….

Ainsi, la modularité du système productif passe non pas par une dépendance de sous-traitants à des donneurs d’ordres mais plutôt à une multitude de sous-ensembles productifs, trop petits pour exercer une dominance complète sur l’ensemble du système. Une sorte de nébuleuse de sous-ensembles participant à une multitude de produits-systèmes différents : bref, des structures industrielles verticalement dé-intégrées.

Penser modularité et penser rationalisation des flux de production permet également de penser production locale. Avec de plus petites unités de production, et une approche modulaire, les entreprises sont également beaucoup plus réactives, plus innovantes, et souvent plus fiables, du fait d’une proximité immédiate au consommateur.  A ce titre, l’exemple de l’entreprise Rossignol est frappant : un investissement en machines-outils et une relocalisation de la production à permis de passer d’un bilan à perte (-96 millions d’euros)  a un résultat net positif de +3 millions d’euros.

Plus de lectures

Coordination productive et enjeux concurrentiels au sein d’une industrie modulaire (http://www.microeconomix.fr/files/default/import/SAUTEL%20Coordination%20productive%20et%20modularite%20%20le%20cas%20Airbus%20(2007)%20Innovations.pdf).

Convergence et diversité du passage à la production modulaire dans l’aéronautique et l’automobile en Europe (http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/72/22/26/PDF/Frigant_Talbot_ActesGerpisa_37_2004.pdf).

 

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