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L’intelligence économique et son approche

On parle souvent de l‘intelligence économique en France, mais il est parfois difficile de bien comprendre la portée et l’intérêt de cette matière, notamment pour les entreprises françaises.

Il faut dire que l’on a longtemps souhaité, en France, faire la distinction entre l’intelligence économique et d’autres fonctions support comme le marketing stratégique, la R&D ou les achats par exemple, au contraire des pays anglo-saxons qui l’ont directement intégré dans les circuits décisionnels (c’est la « competitive intelligence »).

Résultat des courses, isolée et théorisée en quelque sorte, connue de seulement quelques experts et des entreprises du CAC 40  (et encore…), l’intelligence économique a plus souvent parler d’elle dans les actualités (prenons par exemple récemment le cas d’espionnage chez Renault) que dans la pratique, et souvent en termes « sulfureux » peu propices à un développement indispensable de ces pratiques dans les entreprises françaises.

Indispensable car il est désormais plus que nécessaire que nos entreprises évoluant à l’international protègent leurs connaissances et leurs produits d’une façon plus efficace, pour contrer les velléités de leurs concurrents internationaux.

L’intelligence économique, une approche systémique nécessaire

approche syst"émique entreprise

(source photo: daskoo.org)

Car au find, pour vulgariser évidemment, l’intelligence économique est avant tout une approche systémique de l’entreprise, suivant le même principe qui est appliqué dans l’élaboration des systèmes d’informations et des ERP mis en places dans ces mêmes entreprises:

Chaque entreprise évolue dans un environnement défini, avec ses règles et ses principes de fonctionnement. C’est l' »écosystème ». Chaque action de l’entreprise affectera cet environnement, tout comme chaque action de ce même environnement affectera en retour l’entreprise.

Et de ce constat découle toutes les fonctions et activités liés à l’intelligence économique :

  • mettre en place une veille stratégique pour connaitre son marché et ses évolutions, et adaptée à ses besoins (juridique, technologique, sociétale….),
  • benchmarker ses concurrents pour mieux les connaitre et anticiper leurs actions,
  • évaluer en interne ses ressources (humaines et techniques) via le knowledge management de façon à mieux les protéger,
  • etc…

Or, on constate que tout ceci n’est que peu ou pas du tout appliqué dans les entreprise françaises. Les arguments en défaveur de telles pratiques sont connus : manque de temps, manque de moyen, pas stratégique à la survie de l’entreprise…

Un constat lourd mais qui provient surtout d’une méconnaissance complète des tenants et aboutissants de l'(intelligence économique.

Et pourtant, comme le déclarait récemment Mr Alain Juillet, ancien haut responsable à l’intelligence économique pour l’Etat Français et défenseur ardent du rapport Martre, l’intelligence économique n’est pas une lubie passagère mais une vrai nécessité, la comparant même à ce que fut l’approche du marketing dans les années 60. D’autant que nos concurrents internationaux, notamment la Chine, eux, sont pour le moins transparent en la matière : l’intelligence économique est pour eux un moyen avéré et efficace pour trouver un avantage décisif dans une concurrence mondiale exacerbée.

Un espoir et une bonne nouvelle : une sensibilisation générale à l’intelligence économique

Il semblerait pourtant que le monde économique et universitaire ait pris fait et causes pour un développement accéléré de l’intelligence économique dans les formations supérieures françaises, de manière à fournir aux étudiants et futurs responsables des armes pour se battre à arme égale contre la concurrence internationale

Une bonne nouvelle donc, car l’objectif affiché est ambitieux : Le gouvernement français s’est en effet fixé comme de sensibiliser tous les étudiants en licence (bac+3) au concept d’intelligence économique, et ce, à partir de la rentrée 2013.

Les thématiques abordées lors de cette sensibilisation seront :

  • une découverte des techniques d’influence et de lobbying, dans l’orientation de l’information stratégique,
  • une initiation à la protection du patrimoine de l’entreprise (knowledge management), à travers la gestion des brevets et des marques, mais également à travers la classification et la protection contre la dissémination des informations stratégiques de l’entreprise,
  • une sensibilisation à la mise en place d’une veille stratégique et concurrentielle, notamment à travers d’internet et d’outils web, et à partir d’informations publiques disponibles (veille blanche complètement légale, et très souvent, largement suffisante).

L’université « pilote », en quelque sorte, sera l’université de Paris-Dauphine, déjà active en matière d’intelligence économique, avec le lancement en février de la chaire «Intelligence économique et stratégie des organisations » (en partenariat avec des entreprises du CAC40 : Sogeti, Total et Sanofi-Aventis). Doté d’un programme des plus complet en la matière, cette formation de type master pourrait servir de base solide pour un essaimage dans d’autres universités françaises.

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