arbalete de siège

Histoire de l’arbalète, terreur des chevaliers

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De tous temps, l’arbalète a été associé à une arme parfaite contre les chevaliers en raison de sa portée, de sa grande précision et de sa force d’impact, seule arme capable à l’époque de transpercer l’armure des chevaliers.

arbalete 1 Histoire de larbalète, terreur des chevaliers

Origine de l’arbalète : l’antiquité

Malgré ce que l’on pourrait croire, l’arbalète est très ancienne et fut inventés dans l’antiquité, peut-être en Grèce (sous le nom de « gastraphétès ») ou au Proche-Orient. Notons qu’au départ, elle ne fut pas destiné à la guerre mais plutôt à la chasse de par sa grande précision et sa puissance permettant aux carreaux de voler plus droit à travers les feuillages sans être déviées, contrairement aux flèches.

Son introduction dans les unités militaires à grande échelle se fit essentiellement en Europe à partir du Xème siècle, même si l’on sait que des unités complètes d’arbalétriers furent introduits dans les armées romaines ou carthaginoises.

De façon simplifié, une arbalète se compose d’un arc monté horizontalement sur un affût, l’arbrier, et permettant de tirer des carreaux, plus courts mais plus épais que des flèches, donc volant plus droit, et pouvant être munis à leur extrémité d’une grande variété de pointes ou d’embouts, selon le type de cible visée.

Munis de plusieurs mécanismes pour bander l’arc, et de plusieurs évolutions pour accélérer le rechargement au cours des siècles pour faciliter son utilisation, l’arbalète se composait des mouvements suivants:

  • bander l’arc (via un étrier, cric, pied de biche, tour de manivelle…),
  • de le maintenir bandé (la noix)
  • de libérer la corde (la détente) pour lancer le projectile (le carreau ou le vireton).

Un bon tireur pouvait tirer atteindre une cadence de tir de 3 carreaux par minute, à une distance de 300 mètres.

Evolution au cours des âges

Évidemment, l’arme a évoluée avec le temps pour en faciliter son utilisation, notamment militaire. De fait, il a existé de nombreux types d’arbalètes, divergeant notamment sur le mode de tension de la corde de l’arc. Existait ainsi des arbalètes :

  • à levier d’armement (13ème siècle) pour tendre la corde,
  • à étrier (11ème siècle), pour prendre appui sur le pied et tendre la corde,
  • à crémaillère,
  • à cric à guindeau.
  • à répétition : une arbalète mis au point par les Chinois et munie d’un chargeur vertical d’environ dix coups, mais dont la puissance était bien moindre.
  • géante : engin de siège utilisé dans l’antiquité pour tirer des carreaux enflammés contre les murailles et les troupes ennemies.

Types de carreaux et d’embouts utilisés

Le carreau d’arbalète présentait ainsi l’avantage d’être spécialisé selon les besoins, contrairement à la flèche et à l’arc. On distinguait les embouts suivants:

  • Le trait ordinaire est une flèche courte (30 cm environ) mais plus épaisse et solide appelée au Moyen âge carrel ou carreau, à cause de la forme carrée de son fer.
  • La dondaine est un type de projectile militaire, disposant d’une forme renflée au niveau de son fût,  et destinée à l’alourdir et donc à augmenter sa force de pénétration.
  • Le madras a la particularité de ne pas avoir de pointe, il est utilisé pour la chasse.
  • Le tranchoir, a pointe plate et large, était destiné là encore à la guerre notamment pour la neutralisation des chevaux adverses et des cordages.
  • Le vireton était un autre type de trait d’arbalète militaire, avec un empennage hélicoïdale lui donnant une rotation pendant son vol, qui augmentait la force de pénétration.

carreaux arbaletes locksley Histoire de larbalète, terreur des chevaliers

Fabrication d’une arbalète

La fabrication de l’arbalète était, à la fois, plus simple et plus complexe que celle d’un arc. Plus simple, car les savoir-faire nécessaires à sa fabrication étaient transmis via des guildes d’artisans de très haute qualification (notamment sur les variétés de bois à utiliser, de plumes ou des cuirs pour les empennages et de matériaux élastiques à sélectionner).

Mais également plus complexe, car l’arbalète, elle, ne pouvait être fabriquée que dans des ateliers maîtrisant des outils mécaniques préindustriels (forge, découpe, soudure), ce que l’on ne trouvait que dans les villes les plus importantes et les plus riches. Les guildes et les corporation des fabricants arbalétriers étaient de ce fait puissantes et respectées.

Autre avantage des arbalètes, les carreaux pouvaient être fabriqués grâce à des processus standardisés permettant un haut rythme de production, ce qui n’était pas le cas des flèches.

Une arme qui dérangeait

L’arbalète présentait de très nets avantages par rapport a l’arc traditionnel :

  • le ressort tendu permettant d’atteindre une distance de 300 mètres en tir tendu, chose que ne pouvait faire un arc, même composite,
  • le fait d’avoir la corde retenue par le crochet de détente permettait au tireur de mieux se concentrer sur son tir,
  • de même, il est beaucoup plus simple de maitriser une arbalète qu’un arc. Il suffisait d’une semaine pour devenir un tireur d’une honnête qualité sur arbalète, alors que l’arc long anglais nécessitait cinq ans d’entrainement quotidien pour pouvoir tirer efficacement.
  • enfin le carreau d’arbalète conservait une vélocité de pénétration d’une armure jusqu’à 90 mètres.

C’est surtout cette facilité d’utilisation et cette puissance, capable de percer une armure, et permettant à une personne de basse extraction d’abattre un chevalier et un noble (représentant l’autorité et dont le métier des armes avait nécessité des années de formation), qui conduisit l’Eglise à tenter d’en interdire l’usage, notamment lors du concile de Latran en 1139 (mais autorisé pour les Croisades). Mais dans la réalité, cette interdiction ne fut quasiment jamais respecté…

Cependant, l’arbalète n’était pas exempte de défaut, bien au contraire. Sa principal faiblesse reposait sur sa faible cadence de tir par rapport à l’arc (3 carreaux par minute maximum pour l’arbalète contre 10 pour un archer). Ainsi, en cas de charge de l’ennemi et vu la portée de l’arme, l’arbalétrier n’avait le droit en pratique à un ou deux tirs maximum avant de devoir se replier.De même son poids et son encombrement rendait l’arbalète moins pratique que l’arc, et la force équipée beaucoup moins mobile.

Par contre, c’était une arme parfaite en temps de siège ou pour les combats navals, ce qui explique pourquoi les meilleurs arbalétriers furent ceux des cités-états marchandes italiennes (Gênes, Venise…), dont le siège et la bataille navale étaient les modes de combats privilégiés.

Remplacé par l’arquebuse

L’arbalète vue son rôle décliné avec apparition de la poudre noire sur le champ de bataille, et notamment de l’arquebuse, au XVIème siècle.

Elle ne disparu pas pour autant et revint à son usage original, la chasse, en étant utilisée par les femmes de l’aristocratie européenne jusqu’au 18ème siècle.

Son usage militaire réapparut dans les années 60 quand les progrès mécaniques et les matériaux composites permirent de renforcer la portée et la puissance de l’arbalète tout en facilitant son rechargement. Les nouvelles arbalètes modernes sont donc toujours utilisés par les chasseurs pour leur côté silencieux, mais également par les forces spéciales de nombreux pays, toujours pour des raisons…. de silence (élimination des sentinelles et conservation de l’effet de surprise)

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Auteur : Raymond Labrosse

Raymond Labrosse c'est un peu le monsieur technique ou le Rémi Bricol'tout de Blog Espion. A lui, les sujets techniques liés à l'informatique, aux sciences ou à l'histoire militaire. C'est également un fan de DS (la voiture, pas la console).

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