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Après avoir présenté dans un premier article l’état de l’Open Data aujourd’hui et ses origines, intéressons-nous maintenant à un cas d’utilisation pratique de ces données ouvertes. Pour cela, nous allons voir comment sont utilisées et intégrées des données ouvertes dans une application smartphone : Moovit.

moovit app

 

Moovit : une application destiné à démocratiser les transports en communs

Moovit est une le fruit d’une strat-up israélienne (Tranzmate ltd) mais dont le siège opérationnel est basé à San Francisco (cas extrêmement classique pour les start-ups israéliennes qui sont par ailleurs extrêmement novatrices et dynamiques au passage). Déjà vainqueur de plusieurs prix « open » dont celui de l’ « open Cities » en 2013, Moovit a récemment levé plus de 50 millions de dollars (Nokia, BMW, SEuoiq) pour poursuivre son expansion à travers le monde (Europe, Japon, Amérique Latine…), et a embauché un ancien de chez Google, Alex Torres, comme VP global produit et marketing.

Leur principal axe de communication repose sur l’appui qu’ils veulent apporter via leur application aux différentes autorités citadines en charge des transports en communs.

Déjà bien implanté au Canada et aux États-Unis, Moovit est une application se basant sur une communauté d’utilisateurs (15.000.000 utilisateurs pour près de 200 villes et 35 langues en l’état) pour acquérir de nouvelles données sur l’état du trafic des lignes de transports en communs par ville : le concept est simple, chaque utilisateur de l’application envoie en temps réel des informations sur sa position via le GPS de son smartphone qui se superpose à la carte de bases et aux trajets de tous les types de transport en communs pour une ville (tramway, bus, métro…). En fonction de l’état du trafic automobile et du nombre d’arrêt restant avant la position de l’utilisateur, l’application peut fournir ainsi un estimer de la position et du temps avant l’arrivée d’un bus par exemple. C’est comme si tous les bus et métros d’une ville étaient équipés d’un GPS transmettant en temps réel des informations sur sa position.

Bien sûr, cela suppose une communauté d’utilisateurs actives pour que cela fonctionne. C’est pour cela que Moovit a pour objectif de devenir plus qu’une simple application mobile, mais également de devenir une place d’échange, un forum « agnostique » , permettant une communication plus fluide entre les acteurs du transports en communs et les usagers. Cela explique aussi pourquoi des acteurs comme BMW, Lyft ou GetTaxi ont également investi dans l’application.  Si l’on devait la comparer à une autre application, on pourrait facilement la comparer à Waze, l’app GPS reposant sur la mise à jour d’informations par sa communauté d’utilisateurs (bouchons, accidents, polices, intempéries…), et « malheureusement » racheté par Google en 2013 (de nombreuses informations en temps réel sur l’état du trafic sur Google Maps viennent d’ailleurs de Waze).

Un bel exemple d’intégration et d’intéraction entre plusieurs sources de données « open » ou semi

De base, nativement, Moovit n’utilise pas Google Mpas. Au contraire, l’application utilise une « Open Data » via l’affichage de fond de carte géographique en provenance du projet/fondation OpenStreetMap qui est « open ».

 

fonctionnement Moovit

Second filtre de données, les informations sur les différentes  lignes de transport en communs. Ces données sont très souvent libres d’accès. Prenez, par exemple, ce dataset indiquant la position géographique (latitude, longitude) de tous les arrêts de bus de Capital District dans l’état de New-York sur Data.gov.

dataset etat de new-york data.gov

Pour autant, et même si ces données sont en libre accèes, Moovit préfère tout de même passer un partenariat avec les autorités de régulations locales de transport, dans un souci de transparence premièrement, mais également pour faciliter une mise à jour facilitée des données, quand aux horaires par exemples. Des données critiques qui impactent directement la pertinence des données utilisées par les utilisateurs… Si l’on regarde les derniers partenariats signés, on sera impressionné par la grande diversité des pays et des villes avec lesquels Moovit a déjà passé un partenariat : La Paz, Blois, Hanoi, Cordoba, Victoria…

La dernière couche d’Open Data est celle directement générée par l’application elle-même, via sa communauté d’utilisateurs. Ces datas peuvent prendre trois formes différentes.

L’intégration des localisations GPS des utilisateurs permet d’avoir une indication précise sur l’état du traffic et donc de faciliter le calcul du temps d’arrivée et de départ « live » des bus et des métros par lignes.

moovit live arrivals

Le croisement de ces données de trafic avec le trajet et les horaires des lignes de transports en communs permet également d’optimiser les conseils pour ce qui est du chemin à prendre le plus rapide.

moovit personal assistant

 

Enfin, comme sur Waze, l’application collecte et partage toutes les datas envoyés par les utilisateurs eux-mêmes sur divers évènements : délais, retards, incidents, changement de bus/plateformes,

moovit_reports

 

Cette tendance au partage de données devrait continuer dans un  proche avenir, car Moovit vient de lancer (09/06/2015)  le première version bêta de sa communauté/forum pour accélérer le nombre de partages entre utilisateurs par villes.

 

Cet article est le deuxième d’une série de trois. La suite est disponible ici :

Crédit photo: Moovit

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