Carte des catastrophes et incidents à travers le monde

Carte des catastrophes et incidents à travers le monde

Cela pourrait également s’appeler la carte de l’angoisse. Voilà, ce qui s’appelle un début accrocheur :). Ce n’est pas en effet un post des plus réjouissant mais j’ai retrouvé au cours de mon ménage numérique, cette trouvaille que j’avais déniché par le passé et qui me semble toujours intéressant.
Il s’agit d’une mappemonde, mis à jour en temps réel, avec l’ensemble des incidents, catastrophes naturelles et évènements d’importance s’étant déroulé à travers le globe.

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photo by: infomatique
Artillerie navale – évolution des munitions intelligentes

Artillerie navale – évolution des munitions intelligentes

Parallèlement à l’évolution des forces terrestres, l’artillerie navale voit également son utilisation se modifier ces dernières années grâce à l’utilisation de nouvelles technologies ayant profondément influé sur les dernières classes de munitions d’artillerie.
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Sortir de l’Euro est une aberration

Sortir de l’Euro est une aberration

Un petit article pour répondre aux cassandres en tout genre qui souhaite une sortie de l’Euro pour résoudre la crise économique européenne actuelle. Pour se faire, je me base sur les arguments étayé par M. Jean Pisani-Ferry, économiste et directeur de Bruegel, centre de recherche et de débats sur les politi­ques économiques en Europe, pour affirmer qu’une sortie de l’Euro serait une complète impasse aux problèmes économiques actuelles de la France et de l’Europe.

cassandre sortie euro

En effet, présenter une sortie de l’Euro comme une solution miracle pour résoudre la situation économique actuelle est une vaste chimère. Au mieux, cela servirait de placebo sur une jambe de bois, et au pire, cela nous conduirait à une crise économique sans comparaison avec celle actuelle. Un peu comme chaque année, cette éternelle question qui revient, telle un marronnier, sur la question du changement d’heure. Il est toujours plus facile de retarder sa montre que de changer ses habitudes pour venir une heure plus tôt au travail.  En clair, pour l’Euro, c’est la même chose. On entend de plus en plus comme raisonnement que la sortie de l’Euro est une solution viable dès qu’un pays souffre d’un problème de compétitivité, au lieu de chercher les vrais causes du problème, pour l’économie de ce pays d’une part, mais également pour l’Euro.

Un euro trop fort du fait d’un dollar trop faible

Tout d’abord les problèmes de compétitivité engendré par l’Euro sont d’abord dû à sa valeur très forte, trop forte, sur le marché des changes. Cela du fait d’un dollar beaucoup trop bas, maintenu artificiellement à une faible valeur par les autorités américaines pour permettre aux USA de compenser leurs dettes abyssales par une extrême compétitivité. cela évidemment au détriment des américains. D’autant que les fondements de la crise actuelle, reliquat de celles des subprimes, sont avant tout dû à la finance américaine.

Le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, a donc beau jeu de faire la leçon aux Européens.

Sortir de l’Euro, une solution économique simpliste

La solution à tous les problèmes pour lutter contre l’inflation et le problème de compétitivité, c’est donc de sortir de l’Euro, à en entendre ses détracteurs. La facilité donc, au lieu de mettre en place dans le temps des mesures économiques pour permettre aux entreprises et aux salariés de s’astreindre laborieusement à résorber l’inflation passée des prix et des salaires. C’est certes plus long et fastidieux mais au final beaucoup moins dangereux.

La solution de facilité serait alors de rebasculer sur une monnaie nationale par pays, pour pouvoir jouer artificiellement sur le taux de change (le principe de la planche à billet), et ainsi rétablir la compétitivité. Les outils de base d’une monnaie et qui font défaut, il est vrai, à l’Euro, du fait d’un manque d’harmonisation des politiques fiscales et économiques des pays européens (sans compter des types d’économies fort différentes, entre l’économie industrielle allemande et l’économie de consommation française par exemple).

Le problème de tout cela est qu’une variation du taux de change ne conduit pas forcément à l’objectif voulu, à savoir une dévaluation interne du pays, des prix et des salaires.

Un obstacle juridique important

Le deuxième obstacle est juridique, notamment au niveau du traité européen. Celui-ci comporte en effet une clause de sortie volontaire de l’Union Européen, mais il n’existe pas de clause concernant une éventuelle sortie de l’euro. Un état de l’Union peut donc très bien décider de quitter l’Union Européenne (et perdre dans le même temps, les aides des fonds européens tels que Interreg, Urban+, ainsi que les bénéfices de la PAC, très importances dans le cas de la Grèce et du Portugal), mais il n’existe en l’état aucune procédure pour quitter l’Euro sans quitter dans le même temps l’Union Européenne.

Or si la Grèce, par exemple, quitte l’Euro et dans le même temps, l’Union Européenne, alors sa situation sera encore plus dramatique, sans pour autant rééquilibrer l’économie de l’Union Européenne, du fait d’effets « boule de neige ».

Techniquement et économiquement difficile dans une économie moderne

Le deuxième obstacle à une sortie de l’Euro est avant tout technique. S’il est facile de changer de monnaie dans un pays en phase de développement avec un secteur financier embryonnaire, c’est une tout autre affaire dans une économie moderne, avec ses ensembles de ramifications et imbrications de son secteur financier à l’international. Il a ainsi fallu des années de préparation, d’adaptation et de rodage des secteurs économiques des pays européens lors du passage à l’Euro, avec au préalable un système de double cotations des échanges (monnaies nationales-ECU) pour aligner progressivement l’ensemble des systèmes informatiques.

Economiquement désastreux

Le troisième obstacle est évidemment économique. Il est absolument inconscient d’affirmer, comme c’est le cas avec les détracteurs de l’Euro, qu’il est possible d’anticiper une dévaluation contrôlée de la nouvelle monnaie nationale.

Notamment du fait que le basculement vers une monnaie nationale serait dès le départ un aveu de faiblesse énorme, qui n’encouragerait pas les investisseurs et les créanciers internationaux à faire confiance à cette nouvelle monnaie. Et sans crédibilité, il est alors illusoire de penser pouvoir maitriser le taux de change de la nouvelle monnaie, qui risque rapidement de devenir sans valeur selon l’évolution et la volonté des marchés, avec les conséquences sur l’inflation que cela implique.

Pour s’en convaincre, il suffit de regarder le cas de l’Argentine en 2002 quand elle a rompu son taux de change fixe avec le dollar américain. En janvier 2002, le gouvernement argentin annonçait un nou­veau taux de change de 1,4 peso (au lieu de 1 peso) pour 1 dollar. En juillet 2002, il n’était plus que de 4 pesos pour 1 dollar. Soit une perte pour le peso de trois quarts de sa valeur.

Bien sûr, certains vous diront qu’une monnaie avec un taux de change si faible permettra une économie hypercompétitive. Mais c’est oublié que dans le même temps, les prix des produits et des matières importés seront multipliés par 4, avec les mêmes salaires initiaux. Le consommateur sera donc considérablement appauvri, avec une chute drastique de la consommation, et de donc de la croissance (voire récession) pour une économie de consommation comme celle de la France. Il en sera de même pour l’industrie et les entreprises qui seront incapables de se procurer équipements et produits non finis à des coûts concevables pour rester compétitif à l’export.

Financièrement catastrophique

Le quatrième obstacle est sans doute le plus sérieux. C’est l’obstacle finan­cier.

En prônant une sortie de la monnaie unique pour un basculement vers une monnaie nationale, afin de relancer l’économie, via la compétitivité, le pouvoir d’achat et la lutte contre l’inflation, on en oublie de penser à un autre facteur d’importance d’une économie nationale, à savoir les créances et dettes des ménages,  mais également des entre­prises ou de l’Etat, qui sont aujour­d’hui libellées en euros.Passés d’une monnaie à une autre risque fort d’être particulièrement épineux pour relibeller dans cette nouvelle monnaie. Non pas entre résidents, mais plutôt pour toutes les créances et des dettes internationales, entre résidents et non-résidents.

Or, si l’on suit les évaluations de Clai­re Waysand, du FMI, les créances et det­tes des pays de l’euro vis-à-vis de leurs partenaires s’élèvent en moyenne à 200 % du PIB qui s’organisent dans un ensemble particulièrement vaste et compliqué. Et que se passerait-il si cette nouvelle monnaie était dévalué ? Les entrepri­ses, les banques, les assurances, verraint alors certains postes de leur bilan demeurer en euros, tandis que d’autres subiraient une bruta­le chute de valeur. Avec à la clé, un grand nombre de faillites impossible à contrôler et à déterminer en amont.

Sans compter les éventuels paniques de particuliers qui auraient tout le temps nécessaire pour aller retirer leur argent auprès de leur banque. Là encore, faillite et réactions en chaine assurés !

Conclusion : sortir de l’Euro ne pourrait se faire en douceur et ne conduirait qu’à un chaos encore plus grand

il est inconcevable de penser qu’une sortie en douceur de l’Euro est possible. Elle n’engendrerait qu’un maelström et un chaos encore plus difficile à contrôler, par le jeu des mécanismes de précaution et les réactions en chaîne.  Elle n’engendrerait que destruction économique, ruines des finances, et serait socialement dévastatrice.

Géopolitique : le problème des terres rares

Géopolitique : le problème des terres rares

terres rares et oxydes

Commençons par le commencement : que sont les terres rares ?

Si l’on se réfère à wikipedia (sérieuse sur ce genre de sujet technique), les terres rares sont un groupes de métaux qui possèdent des propriétés chimiques voisines.

Contrairement à leur appellation, leur concentration dans l’écorce terrestre est identique à des métaux plus communs comme le cuivre mais du fait de leurs propriétés géochimiques, leur répartition géographique est par contre très inégale avec une concentration importante dans certaines zones du globe (Afrique de l’Ouest, Amérique du Sud, Chine…).

Ainsi, on retrouvera dans la classification des terres rares des métaux comme le cérium, le thulium, le lutécium ou le monazite, le xénotime….concentrés dans certaines régions du globe terrestre, à savoir les Etats-Unis, la Chine, l’Inde et la CEI.

Problème : une demande croissante pour une production de plus en plus concentré

Ce qui aurait pu rester une question de géochimie est en train de devenir à grande vitesse, un problème de géopolitique internationale.

En effet, au fil des années, tous ces métaux  voient leur utilisation s’accroitre dans la production industrielle internationale de pointe pour des produits de haute technicité ou stratégique (notamment militaire), du fait même de leurs propriétés géochimiques:

  • le monazite pourrait être envisagé comme une base pour le stockage de matériaux radioactifs du fait de sa capacité d’absorption de l’uranium,
  • antimoine, pour la production de semi-conducteurs, nécessaire à l’industrie électronique,
  • le samarium, est très utilisé dans le domaine militaire pour des aimants de missiles et des composants de moteurs électriques, notamment pour les moteurs d’éoliennes,
  • le lithium pour les batteries d’appareils électroniques,
  • idem pour le néodyme que l’on retrouve dans des composants pour radars, sonars et autres capteurs,
  • le thulium est couramment utilisé  comme pigment pour les tubes cathodiques ou composant de micro-ondes.
  • tandis que d’autres terres rares sont utilisées pour les tubes triphosphores, et des ampoules électriques basse-consommation…
  • et la liste des applications est encore longue…

terres rares dans le secteur de la défense

Dans un sens, c’est assez logique. A chaque époque, on voit se développer l’apanage du contrôle de matières premières stratégiques, depuis l’époque du fer. Rappelons-nous de l’empire britannique avec son contrôle sur l’approvisionnement en salpêtre, et donc de la poudre noire pour les canons, grâce à l’Inde et ses immenses champs d’urine séché. Il en est de même pour les terres rares.

Problème, l’extraction de ces terres rares est extrêmement polluante si des investissements importants ne sont pas consentis. Ainsi, si jusque dans les années 50, l’essentiel de la production en terres rares était assuré par le Brésil et l’Inde, puis par l’Afrique du Sud, elle est désormais l’hégémonie essentiel de la Chine avec ses terrains situés en Mongolie qui assure désormais 90 à 95 % de la production mondiale.

production mondial métaux terres raresNe reste que 5 à 10 % en provenance d’autres pays :

  • Etats-Unis pour le molybdène,
  • Chili pour le lithium,
  • Brésil pour le niobium,
  • Russie pour le palladium,
  • Australie pour le titane

C’est bien trop peu pour permettre un approvisionnement diversifiée, et donc permettre une libre concurrence efficace.

minerais du terre rare

On a donc désormais une production de plus en plus concentrée et focalisée donc, pour une demande mondiale qui va croissante, au fur et à mesure que la liste des applications dans l’industrie de ces terres rares augmentent….

… et que se profile très clairement une situation de dépendance de la part des principaux pays industrialisés à l’égard de la Chine, ce qui forcément ne peut que nous inquiéter….

Les terres rares, nouvelles sources de conflit de demain?

D’autant que cette menace est de plus en plus en train de devenir une réalité. Ainsi, depuis 2005, et encore tout récemment, la Chine a décidé de mettre en place des quotas et de nouvelles taxations sur l’approvisionnement des autres pays en terres rares, et diminue année après année ses exportations en terres rares, avec un pic en 2010 (réduction de 72% sur les quotas d’exportation).

Ce pour diverses raisons :

  • pour des raisons écologiques tout d’abord, la Chine subissant de plein fouet les premiers effets d’une industrialisation massive,
  • mais également pour faire face à ses propres besoins industriels internes, eux-mêmes en très forte progression (près de 50% de sa propre production),
  • qui débouche aussi sur une volonté de développement économique encore plus poussé du pays, vers une production locale de produits de plus en plus élaborés, en forçant les multinationales à produire de plus en plus de biens de haute technicité nécessitant ces minéraux en Chine, avec évidemment les transferts de technologie qui vont avec…

Résultat, face à ces restrictions de production et à une demande mondiale qui ne cesse d’augmenter, les prix de ces terres rares ont flambé sur ces derniers mois, avec un bond hallucinant de 800%.

D’autant que la Chine est très bien consciente de son hégémonie dans ce domaine, et se sert de cet avantage concurrentiel comme d’une arme politique :

  • afin d’accroitre sa présence sur la scène internationale encore faible malgré son poids économique (c’est d’ailleurs pour cela qu’elle a lancé l’idée de créer une bourse des terres rares en Mongolie-Intérieure, sur le modèle de la bourse des matières premières agricoles de Chicago),
  • et pour mettre au pas certains « partenaires » récalcitrants, comme par exemple le Japon qui en a subi les effets lors de la dernière dispute politique (arraisonnement d’un chalutier chinois dans les eaux japonaises) de ces deux pays  en 2010.

Tout cela pour retrouver son pouvoir et son prestige d’antan, mais également pour se venger d’injustices et d’humiliations dans le passé de la part des autres pays industrialisés (guerre de l’Opium, guerre des Boxers, Seconde guerre Mondiale…).

Bref, les terres rares sont devenues pour la Chine une arme précieuse, au même titre que le pétrole pour d’autres pays. Avec une domination encore plus importante.

 

terres rares chinoises

Une domination, fruit d’une erreur stratégique occidentale

Résultat de cette hégémonie et de ces dernières mesures de restriction, les pays industrialisés se réveillent enfin et constatent avec effroi la situation.

Cherchant à remédier à cette situation, mettant à mal leur stratégie d’encerclement maitrisé de la Chine (concept de Spykamn:  heartland/rimland) à laquelle on ne cède au final que son industrie polluante, les pays industrialisés sont désormais à la recherche de sources d’approvisionnements alternatives.

Pour autant, cette situation est avant tout le résultat d’une erreur stratégique bien naïve de la part de ces mêmes pays. Car, contrairement à d’autres pays, la Chine a le mérite d’avoir une pensée stratégique économique a long terme, et sa volonté de contrôler la production de terres rares ne date pas d’hier.

Ainsi, dès 1992, le premier secrétaire de l’époque, Deng Xioping déclarait:

« Le Moyen Orient a du pétrole, la Chine a les terres rares »

Message limpide pourtant, surtout sachant déjà à cette date que le développement des NTIC, de l’informatique et de l’internet serait très gourmand en terres rares.

Résultat aujourd’hui, l’hégémonie est là et bien là, et tous les autres acteurs « entreprises » internationaux n’ont pas les moyens de lutter à arme égale contre les entreprises étatiques chinoises, comme China Non Ferrous Co, surtout depuis la dernière crise financière qui ont vu leurs solidités financières fortement ébranlées.

Un régal pour les entreprises chinoises qui prennent pas à pas le contrôle ou des parts importantes dans des sociétés étrangères spécialisées dans l’extraction de terres rares : Lynas (Australie), Arafura (Australie), Tek resources (Canada)… et renforcent d’autant sa position dominante.

Bref, si une réaction doit se faire pour se dégager de cette dépendance, elle doit être au moins étatique voir « régionale » (ALENA, Union Européenne, ASEAN, Mercosur…).

Un espoir cependant : une mise en opération de nouveaux gisements

Car tout espoir n’est pas perdu de mettre fin à cette hégémonie. En effet, si la Chine est le principale producteur de terres rares et l’un de ces gisements les plus importants, ce n’est évidemment pas le seul pays à disposer de réserves conséquentes.

Les Etats-Unis disposent d’un stock équivalent à 12% de la masse globale disponible sur le globe, la CEI 17% et l’Inde 2.8%…Sans oublier l’Australie, le Canada, le Brésil, le Vietnam ou l’Indonésie. Tous ces pays sont en train de remettre en état opérationnel leur production afin de contrecarrer la domination chinoise…. même si celle-ci ne pourra être pleinement opérationnel avant 2014.

Des partenariats sont également en train d’émerger, notamment dans le cas du Japon qui a signé des accord d’exploitation avec le Kazakhstan et le Vietnam.

De nouveaux gisements sont également découverts, comme par exemple en Argentine avec la mise en prospection d’un gisement d’importance en Amérique du Sud

Dans le même temps, des géologues japonais estiment avoir trouvé un nouveau gisement de terres rares au large du Pacifique, par 3000 mètres de profondeur, dans les sédiments qui couvrent les fonds marins, le tout étant facile d’exploitation (non radioactives), même si peu écologique, les fonds marins étant très lent à se renouveler.

Enfin, un effort important a été accordé ces dernières années dans les recherches concernant le recyclage des terres rares, afin de faciliter l’approvisionnement en ressources tout en préservant la planète. Ainsi des sociétés comme Rhodia, en partenariat avec Areva, développe des procédés de recyclage fort intéressant pour récupérer les terres rares, notamment dans les ampoules de basse consommation (poudres luminophores).

Source photos:

http://www.greenetvert.fr/2011/07/18/les-terres-rares-du-pacifique-pourraient-sauver-l%E2%80%99industrie-verte-de-l%E2%80%99archipel/25846

La Russie 2.0

La Russie 2.0

l'internet en russie

La Russie est l’un des grand pays de l’internet avec près de 40 millions d’utilisateurs quotidien et des sites en .ru (qui a remplacé en 1994 le .su créé en 1990 pour l’URSS) très dynamiques qui dynamise les réseaux sociaux et le web 2.0 dans le pays. réseaux sociaux qui sont d’ailleurs en forte croissance sur place avec +23% pour l’année dernière.

Mais la grande particularité du Runet (l’autre nom de l’internet russe) concerne essentiellement le fait que les principaux sites utilisés par les internautes russes sont avant tout des sites nationaux, bien loin des standards européens où les géants du web mondial ont la part belle. En russie, Google et Facebook sont les outsiders.

Un internet russe en forte croissance

« La différence entre Internet et Runet est d’abord quantitative » selon Adrien Henni, directeur de l’agence de conseil FaberNovel Russie et rédacteur en chef d’East West Digital News. « En Russie, l’Internet est moins répandu qu’en Europe occidentale, aux Etats-Unis ou en Asie ».

Cependant, cela est facilement expliquable dans le sens où l’internet n’est arrivé que très tardivement par rapport à d’autres pays occidentaux.

Et pourtant, il ne faut pas négliger pour autant le poids du Runet car il représente tout de même quelques 47 à 48 millions de personnes, soit la population d’un pays comme l’Espagne. Avec des chiffres de progression annuel qui explosent littéralement (+23% en moyenne, avec des pointes à + 50% dans certaines zones du pays).

De même, il est à noter que la Russie est LE pays du social network. Les internautes russes sont ceux qui passent le plus de temps sur les sites de réseaux sociaux,avec en moyenne 9,8 heures passées par mois contre 4,5 heures dans le reste du monde (octobre 2010).

Des acteurs nationaux qui mènent la danse

Etonnante progression donc, mais ce qui est le plus étonnant ne se trouve pas ici mais plutôt dans la singularité d’utilisation des sites web sur le Runet.

Il faut dire que les différences sont nombreuses entre le web russe et, par exemple, le web français. En voici quelques unes :

  • ils ne gèrent pas leurs réseaux d’amis sur Facebook mais sur VKontakte (135 millions de compte contre seulement 4.6 millions de comptes pour Facebook, avec une tendance en baisse),
  • ils n’utilisent pas Google pour faire leurs recherches en ligne mais préfèreYandex,
  • ils ne vérifient pas leur mail sur yahoo mail, gmail ou hotmail mais utilise mail.ru,
  • ils ne cherchent pas l’âme soeur sur meetic mais sur mamba.ru,
  • ils ne retrouvent pas de vieux camarades de classe sur trombi ou copainsdavant mais sur Odnoklassniki.ru (45 millions de comptes),
  • Ils ne regardent pas de vidéo sur YouTube mais sur RuTube,
  • et leurs achats en ligne sont faits sur Molotok et non sur Ebay ou Amazon.

Les blogueurs sont également très actifs en Russie (blogosphère russophone : 7,4 millions de blogs pour 300 000 posts quotidiens et 700 000 commentaires, plus d’un demi-million de communautés divers et variées, croissance de 50% annuelle [Yandex, 2009]). Mais, là encore les plateformes d’hébergement divergent par rapport à leurs modèles en France (pas de TumblR, pas de Hotmail…):

 

plateformes de blog utilisés en russie

On le voit, les internautes russes ont tissé leur propre toile, nationale, bien loin des leaders standards américains, et … européens.

Reste à savoir pourquoi ?

Les raisons de ces différences

La Russie n’est pas le seul pays de l’ex-bloc soviétique où l’on peut peut rencontrer cette singularité quand au plébiscite des sites nationaux. On retrouve cette tendance également en Pologne, République Tchèque, et en Hongrie.

La barrière de la langue, ou la défaite de Google par rapport à Yandex

L’affichage de ces pays livre déjà une réponse à cette singularité : la langue. En effet, ces pays ont pour point commun une langue appartenant à un même groupe linguistique mais basée sur des alphabets différents. On saura ainsi étonné de voir que le même mot est utilisé pour désigné les mêmes objets dans ces différents pays (comme par exemple, piva-pivo : la bière….).

Cette meilleure compréhension de la langue maternelle, parfois complexe et très éloignée de l’anglais ou du français, sans base commune,  explique cette préférence pour les sites et les réseaux sociaux nationaux utilisant un domaine national et une interface exploitant beauoup mieux la langue maternelle de ces pays que les équivalents anglo-saxons.

Sans compter que l’anglais n’est que peu présent sur le Runet, le nombre de requêtes de recherche dans des langues étrangères étant très faible sur l’internet Russe.

C’est cette même différence de langue qui explique la défaite de Google face à son équivalent russe Yandex. En effet si Google est présent en russie depuis 2001, la première version 100% russe ne date que de 2006. Alors que dans le même temps, Yandex a développé sa technologie dans le développement d’un algorihtme dédié entièrement à la compréhension de l’alphabet cyrillique et des langues slaves.

Si google a fortement progressé au cours des années 2000, à grands coup de communication et d’opérations marketing, aujourd’hui sa part de marché n’a pas réussi à exploser, stagne et commence même à reculer (20%), pendant que Yandex tient toujours le haut du pavé (80%) malgré des différences de fonds proprement hallucinantes, en innovant de façon significatif (comme le lancement de Matrixnet en décembre 2009).

Plusieurs strates dans le web Russe

Une autre raison qui pourrait expliquer cette singularité russe est peut être également à trouver dans les strates qui compose le web russe.

Car en réalité, la Russie est tellement grande et enclavé (il suffit de voir les densités de populations très disparates selon les régions et la distance qui sépare les principales villes du pays), et la croissance numérique tellement forte, qu’il s’est formé différentes strates dans le web russe.

Ainsi, avec un pays si « addict » aux réseaux sociaux, on pourrait se poser la question de savoir pourquoi Facebook n’a pas réussi à percer alors qu’il a conquis le reste de la planète? Tout simplement parce que Facebook reste pour les Russes élitiste et connu seulement d’une élite numérique « occidentalisée ».

Reprenons les chiffres : si 100% des jeunes moscovites (18-24 ans) sont connectées, ce chiffre descend à 95% dans les villes de plus de 100 000 habitants, et s’effondre à 40 % dans le reste du pays pour cette même population de jeunes, théoriquement cible privilégiée des réseaux sociaux. Facebook a donc percé parmi les jeunes habitants des grandes agglomérations urbaines, très occidentalisées, et est donc devenu « très moscovite, trendy, élitiste, le réseau des Russes internationalisés qui s’y connectent de leur iPhone ». Ce n’est pas le mass media que l’on peut trouver dans d’autres pays. En Russie, Facebook est l’apanage d’une élite numérique ce qui explique sa position d’outsider placé sur une niche « haut de gamme ». Le russe moyen utilise VKontakte ou Odnoklassniki pour trouver ses amis.

Il en va de même pour le site de micro-blogging Twitter qui suit le même chemin que Facebook même si ces chiffres de progression annuels (+26%) semblent montrer que la barrière de la langue a été surmonté.

Spécificités culturelles dans la navigation et le design

Une autre différence qui explique cette singularité réside également dans les différences culturelles quand aux préférences de navigation et à la conception de sites web.

En effet, pour réussir sur le runet, il est essentiel de prendre en compte l’aspect socioculturel de la Russie car la perception du visuel des sites et de leurs fonctionnalités par le public russe, est très différente de celles en vigueur en Occident.

Barrières à l’entrée trop forte impliquant un changement d’axe stratégique pour les géants du Web

Enfin, il est à noter que les barrières à l’entrée pour s’implanter en Russie reste élevé, notamment dans le secteur du numérique et de l’internet. Celles-ci sont diverses :

  • barrière de la langue et spécificités culturelles, on l’a vu, qui implique de développer une version du site conçu spécifiquement pour la Russie,
  • lourdeur administrative dans la création d’entreprise et l’implantation,
  • corruption et népotisme,
  • forte préférence nationale,
  • secteur économique « tertiaire et nouvelles technologies » encore faible, d’une économie encore dépendante du secteur primaire et de ses ressources naturelles, notamment énergétique.

Le temps que les acteurs occidentaux passent ces barrières, les acteurs locaux ont déjà occupé le terrain. Dans ces conditions, les géants du web occidentaux changent leur stratégie et misent plus sur la « joint venture » et l’apport de capitaux aux acteurs locaux en .ru.

Un peu comme Groupon  qui a acheté son équivalent russe Darberry.

 

Le FBI déclassifie de nombreux documents officiels

Le FBI déclassifie de nombreux documents officiels

UFO soucoupe volante

Pour ceux que cela intéressent, le FBI  vient de mettre en ligne près de  2 000 documents  déclassifiés sur un grand nombre de sujets très variés. Evidemment, si cette nouvelle est passée relativement inaperçu en Europe, elle a fait cependant les manchettes des journaux outre-atlantique, sachant que de nombreux documents concernaient des affaires locales très connues (à Dallas, Salt Lake City, Houston…)

Cependant, certains dossiers intéresseront également beaucoup les chasseurs d’ovnis et d’UFOS en tout genre de nos contrées. En effet, parmis ces 2000 dossiers, on en trouvent certains qui évoquent les phénomènes inexpliqués, les fameux «X-Files» (le retour de Mulder et Scully) et notamment le mystère de Roswell au Nouveau-Mexique datant de 1950.

Les aficionados de la matière  pourront ainsi lire le rapport (quoiqu’un peu « caviardé ») de l’agent spécial Guy Hottel concernant le témoignage d’un pilote apres la découverte de trois soucoupes volantes d’environ 15 mètres de diamètre.

Alors évidemment, les soucoupes volantes, c’est pour le sensationnel, mais on trouvera également pas mal d’informations sur d’autres sujets comme la mort de « Boonie and Clyde », l’assassinat de JFK à Dallas, et même une enquête sur une présumée tentative de meurtre d’Anna Nicole Smith sur Pierce Marshall…. de tout, je vous dit, et pour tous les goûts. Attention, pensez tout de même à préparer vos yeux car les pages des rapports qui ont été numérisées sont parfois difficiles à lire et à suivre, vu le nombre de corrections, censures et annotations présents sur les pages.

On peut trouver tous ces documents sur le site des archives du FBI : FBI Vault. Et ce qui est sympa, c’est qu’il y a un moteur de recherche assez pratique pour chercher parmi toutes ces données.

Bonne lecture :).

Source photo: FlickR, Marxchivist