Etat des projets de captage et de stockage du carbone en profondeur

Etat des projets de captage et de stockage du carbone en profondeur

Un effet négatif de la crise qui secoue actuellement l’Europe, et plus globalement le Monde, a été de ralentir considérablement les projets et les recherches techniques en cours quand aux possibilités de captage et de stockage en profondeur du carbone (CSC), et ce malgré la confiance des industriels réaffirmée dans cette méthode.

projet stockage carbone

Des projets en construction à travers le monde : 74 chantiers pour être exacte

Les différents procédés de captage et de stockage du carbone (CSC), souvent dans d’anciens gisements pétroliers ou gaziers, continue de susciter un vif intérêt quand on voit le nombre de projets en construction à travers le globe, près de 74 chantiers de grande taille (plus de 1 million de tonnes de stockage sur chaque site) si l’on se réfère à un rapport publié le 6 octobre par le Global CCS Institute (organisme australien). Et pourtant seulement 8 de ces chantiers sont opérationnels (dont Sleipner, au large de la Norvège, et In Salah, en Algérie, par exemple, avec une capacité totale de captation en CO2 de 33 millions de tonnes par an) , 6 autres sont en constructions, et les 60 restants en sont encore à l’état de projets et de « blueprints » en attente de financement (avec un prévisionnel ciblant 20 installations opérationnels pour 2020). On retrouve ces chantiers surtout en Europe (21 projets) et aux USA (25 projets) suivi par le Canada et l’Australie, et enfin la Chine.

Côté français, deux trois projets de démonstrateurs de CSC à grande échelle semblent se dessiner:

  • le premier consisterait à moderniser le haut-fourneau d’Arcelor Mittal, à Florange en Moselle, pour réduire sa production journalière en CO2 de 700 000 tonnes. Même si pour le moment, celui-ci a été arrêté «temporairement» par le groupe ArcelorMittal.
  • en région parisienne, le groupe d’entreprises France Nord (Total, EDF, Air Liquide, GDF Suez, Lafarge) cherche un site de stockage de grande capacité (capacité de 100 millions de tonnes de gaz carbonique par 1000 mètres de profondeur) dans le Bassin parisien, soutenu par l’ADEME.
  • le groupe Total qui mène également une expérimentation de CSC depuis 2011 à Lacq (dans les Pyrénées-Atlantiques). Mais le projet est retardé par des problèmes techniques qui ont perturbé son fonctionnement et ont permis de stocker seulement 20 000 tonnes de C02.

Le principe du CSC et du stockage du carbone en profondeur

La volonté de captage et de stockage du carbone en profondeur (CSC, captage et stockage du carbone) a évidemment pour but de limiter l’amplitude du réchauffement climatique, en tantant de récupérer ce dioxyde de carbone responsable en partie de l’effet de serre et du changement climatique. Ce n’est évidemment pas la panacée pour solutionner le problème climatique mais c’est en tout cas une voie pour améliorer la situation, avec un potentiel estimé à 19 % du total de la réduction nécessaire des émissions de CO2 à l’horizon 2050..

Les différents projets mis en oeuvre montrent bien cette volonté d’initier clairement une démarche de captage du carbone à grande échelle mais cette mise en œuvre reste encore lointaine. Une situation d’ailleurs confirmé à l’assemblée générale de la Zéro Emissions Platform (ZEP) regroupant 300 membres industriels et associatifs de 19 pays européens.

Les raisons de ce retard : un manque de financement et parfois de volonté politique

Le peu de perspective quand aux dispositifs pouvant être opérationnels à l’échelle industrielle en 2020, réside dans le peu de projets de prototypes (ou « démonstrateurs ») actuellement actifs.
Une situation dû au manque de financement accordé à ces projets, avec des coupes sévères dans les budgets de recherches des entreprises et des Etats du fait de la récessions économique.

Il y a également un problème de volonté politique, du fait d’une acceptation par le grand public des projets de CSC de plus en plus difficile. Cette situation est notamment le fait des actions de lobbying des mouvements écologistes européens qui sont en partie opposés à cette technique, du fait de problème de fiabilité et notamment d’étanchéité des réservoirs.
Résultat, de nombreuses lois ont été adoptés ou rejetés contre le développement des CSC, comme an Allemagne où le
Bundesrat a rejeté, le 23 septembre, une loi portant sur les démonstrations et l’utilisation du CSC, ou aux Pays-Bas qui a récemment interdit le stockage souterrain du C02. Et ce malgré le vote d’une directive européenne en 2009 sur le CSC, qui n’a pour le moment seulement été transposé que par l’Espagne.
Or la transposition de cette directive par tous les Etats-membres est la condition « sine qua non » au financement du projet européen NER300 de développement des démonstrateurs (6 démonstrateurs actifs validés au second semestre 2012).

Dernière raison à cette lenteur de mise en place, le surcoût important et qui nécessite un coût de la tonne de gaz carbonique très élevé pour être rentable pour les entreprises (80 euros pour une centrale à gaz et 40 euros pour une centrale au charbon), notamment sur le marché européen des Emissions Trading Scheme, alors qu’actuellement le coût moyen de la tonne de gaz carbonique est de 11 euros.

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Source image: le Figaro